Vous êtes à la fois conférencière internationale, professeure, et auteure. Comment parvenez-vous à conjuguer ces différentes activités et qu’est-ce qui les relie selon vous ?
C’est simple : ma passion, c’est la transmission.
Chaque conférence, formation ou livre me donne l’énergie de conjuguer deux métiers à temps plein.
Tout est lié par les mêmes thèmes : le leadership et l’expérience client augmentée grâce à l’Intelligence Relationnelle — des sujets que j’ai vécus durant quinze ans dans des postes de direction chez L’Oréal, Marionnaud et Estée Lauder Allemagne.
En fondant Merk Vision en 2010, j’ai pu allier expertise et passion à travers conférences et formations. Car quand on agit avec passion, ce n’est plus un travail, mais un plaisir.
Aujourd’hui professeure à Audencia Business School, je transmets mes expériences et prépare les futurs leaders, notamment dans le luxe.
Cette connaissance du secteur m’a conduite à créer un Master of Science in Sustainable Luxury Management pour former la nouvelle génération.
Mais l’Intelligence Relationnelle s’applique bien au-delà du luxe : j’anime aussi des séminaires pour tous ceux qui placent l’humain au cœur de leur réussite.
C’est cette diversité qui me stimule : chaque intervention est une nouvelle aventure.
Vous avez travaillé et enseigné dans plus de 30 pays. Quels constats faites-vous sur l’évolution de la parité femmes/hommes ?
Malheureusement, la parité est encore loin d’être atteinte. Dans mon métier de conférencière professionnelle, que j’exerce depuis 2009, près de 80 % des intervenants sont des hommes. Lors de grands événements, il m’arrive souvent d’être la seule femme sur scène.
À mon sens, cela s’explique en partie par le fait que de nombreuses femmes ressentent encore un certain complexe d’infériorité et n’osent pas s’exprimer devant une grande assemblée. Pour moi, la scène est un véritable terrain de jeu — une source de plaisir pur. Et le public le ressent.
Mais après mes conférences, beaucoup de femmes viennent me confier qu’elles n’oseraient jamais prendre la parole ainsi.
Les écarts varient selon les pays : en Allemagne, mon pays natal, les rôles traditionnels restent très ancrés, alors qu’en Chine, où j’interviens souvent, les femmes sont particulièrement ambitieuses et compétitives. À l’inverse, certaines régions du Moyen-Orient restent très inégalitaires : je me souviens d’une conférence en Arabie Saoudite, face à 800 hommes en Thobe et seulement deux femmes voilées — une image forte du chemin qu’il reste à parcourir.
Vous venez de publier « Le pouvoir de l’intelligence relationnelle ». Pourquoi ce sujet est-il, selon vous, essentiel aujourd’hui pour les leaders et leurs équipes ?
Sans Intelligence Relationnelle, notre société ne peut pas fonctionner.
Elle est la clé de toute collaboration, surtout dans un monde où les équipes sont de plus en plus diverses et les projets toujours plus complexes à l’ère de l’intelligence artificielle.
Travailler en silos n’est plus possible : il faut croiser les expertises et apprendre à coopérer au-delà des métiers et des différences.
Ce talent de connexion humaine, que j’appelle le pouvoir de l’Intelligence Relationnelle, nous permet de créer du lien avec tous, quels que soient l’âge, le genre ou l’expérience. Nous le possédons tous, mais devons l’activer consciemment pour en faire une force au quotidien.
C’est ce que j’explore dans mon livre Le Pouvoir de l’Intelligence Relationnelle (éditions Dunod), fruit de centaines d’entretiens dans le monde entier, d’une thèse doctorale et de nombreuses formations.
Ce pouvoir s’applique partout : dans le leadership, la vente, le travail en équipe, et plus largement dans toutes les relations humaines.
Si vous deviez résumer en une phrase la force de l’intelligence relationnelle à l’ère de l’IA pour les leaders de demain, quelle serait-elle ?
La force de l’Intelligence Relationnelle doit toujours guider et encadrer l’Intelligence Artificielle – jamais l’inverse.
JFD encourage les femmes à oser et à innover. En quoi cela résonne-t-il avec vos engagements ?
On avance uniquement si on ose. C’est une conviction profonde.
Oser, c’est aller à contre-courant, choisir un chemin qui n’est pas forcément le plus simple.
Dans chaque conférence que je donne, je fais preuve d’audace et d’innovation.
Je crée toujours mes discours sur mesure, adaptés à mon public et à l’entreprise, que ce soit devant 50 personnes ou 2 500, dans des lieux d’exception comme le Palais des Festivals et des Congrès de Cannes.
Sur scène, j’ose faire l’inattendu.
Ancienne gymnaste de haut niveau, j’illustre parfois mes messages clés avec mon corps. Par exemple, pour évoquer l’importance d’aller à contre-courant — d’oser surprendre — je me mets en poirier, la tête à l’envers et je continue à parler.
À ce moment-là, tout le monde comprend ce que signifie vraiment “oser”.
Souvent, des personnes du public me confient ensuite : « Jamais je n’aurais osé faire cela ! »
Oser, c’est ce qui fait progresser.
Si j’avais choisi un style oratoire conventionnel, je n’aurais sans doute jamais obtenu les deux labels internationaux les plus prestigieux dans l’art oratoire, le CSP (Certified Speaking Professional) et le GSF (Global Speaking Fellow).
Aujourd’hui, je suis la seule oratrice en Europe à détenir ces deux distinctions – et ça dans un milieu masculin.
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Prof. Dr. Michaela Merk, Fondatrice de Merk Vision et Membre du JFD Club
Michaela Merk est conférencière professionnelle internationale, coach, auteure et experte en intelligence relationnelle. Elle aide les entreprises à prospérer en période de transformation en renforçant les équipes grâce à des connexions humaines solides qui stimulent à la fois l’expérience client, la performance collective et le leadership.
Plébiscitée par des marques prestigieuses telles que Louis Vuitton, Dior, Chanel ou Tiffany & Co., Michaela a inspiré des publics dans plus de 30 pays, en anglais, français et allemand.
Seule conférencière en Europe à détenir les deux certifications internationales les plus prestigieuses dans l’art oratoire — Certified Speaking Professional (CSP) et Global Speaking Fellow (GSF) —, elle a été mise en avant sur TEDx, dans Forbes, Financial Times et plusieurs émissions de télévision.
Avec plus de 25 ans d’expérience dans le luxe et les biens de haute qualité, elle a occupé des postes de direction chez L’Oréal Luxe et Estée Lauder, avant de fonder son entreprise de conseil. Michaela siège au conseil d’administration du Groupe Champagne Lanson BCC et accompagne plus de 6 500 dirigeants au sein de l’Association Progrès du Management (APM).
Titulaire d’un doctorat en marketing de la Sorbonne et de HEC, elle est Professeure de Marketing à Audencia Business School, où elle dirige le Master of Science in Sustainable Luxury Management.
Elle anime également le podcast et vidéocast “Luxury Leadership Talks”, où les PDG du luxe débattent d’innovation, de leadership et de durabilité.
Son nouveau livre, Le Pouvoir de l’Intelligence Relationnelle – 30 Règles d’or pour un leadership gagnant et des équipes performantes vient d’être publié chez Dunod, comme déjà son premier livre « Manager les vendeurs du luxe ».
Site Web : https://michaela-merk.com/fr/
Youtube : https://www.youtube.com/user/michaelamerk
Livres : https://michaela-merk.com/fr/livres/
LinkedIn : https://www.linkedin.com/in/michaelamerkconferencier/
Podcast : https://michaela-merk.com/podcast/



