Vous êtes passée du conseil stratégique à une fonction opérationnelle, avant de co-fonder Kéaxia. Qu’est-ce que cette bascule vous a appris sur la mise en œuvre réelle d’une vision ?
Quand on passe du conseil à l’opérationnel, on comprend à quel point une vision n’a de valeur que si elle se transforme en actions concrètes.
J’ai découvert qu’entre l’intention et l’exécution, il y a toute la complexité humaine : les arbitrages, les doutes, l’énergie collective à embarquer.
Ce qui m’a le plus marquée, c’est l’importance de la clarté : plus la vision est limpide, plus elle devient un cap mobilisateur.
Chez Kéaxia, je veille à garder ce fil : on ne fait pas de la stratégie pour la stratégie, on la rend vivante, pragmatique, et surtout utile à ceux qui la portent au quotidien.
Chez Kéaxia, vous mêlez stratégie et exécution. Comment garantissez-vous que l’IA ne reste pas cantonnée à des POCs sans suite ?
Chez Kéaxia, nous avons constaté que de nombreuses entreprises peinent à dépasser le stade du POC en matière d’IA. Pour éviter que ces initiatives ne restent sans suite, nous avons identifié plusieurs leviers essentiels :
1. Alignement stratégique dès le départ : Chaque projet doit répondre à un besoin métier clair et s’inscrire dans la stratégie globale de l’entreprise. Cela permet de s’assurer que l’initiative a un véritable impact et justifie les investissements nécessaires à son industrialisation.
2. Conception pensée pour l’industrialisation : Dès la phase de POC, nous envisageons comment la solution pourra s’intégrer dans l’environnement de production existant. Cela inclut la compatibilité avec les systèmes en place, les exigences de sécurité, et la scalabilité.
3. Implication des parties prenantes : Nous veillons à impliquer les équipes métiers, IT, juridiques, et autres dès les premières étapes du projet. Cette collaboration garantit que toutes les considérations opérationnelles sont prises en compte et que les utilisateurs finaux sont préparés à adopter la solution.
4. Évaluation rigoureuse des prérequis : Avant de passer à l’industrialisation, nous vérifions que tous les prérequis techniques, organisationnels et humains sont réunis. Cela inclut la disponibilité des données, les ressources nécessaires, et la formation des équipes.
5. Adoption des meilleures pratiques MLOps : Nous mettons en place des pipelines d’intégration et de déploiements continus, assurons le monitoring des modèles en production, et prévoyons des mécanismes de mise à jour pour maintenir la performance des solutions déployées.
En combinant ces approches, nous transformons les POCs en solutions opérationnelles qui apportent une réelle valeur ajoutée, tout en minimisant les risques et en maximisant l’adoption par les utilisateurs.
Vous insistez beaucoup sur la clarté des priorités comme moteur de transformation. Dans un contexte où tout semble urgent, comment aider les directions à y voir plus clair ?
Dans un monde où tout va vite, la tentation est de tout traiter en même temps. Mais la vraie transformation, c’est accepter de dire non à l’accessoire pour avancer sur l’essentiel.
J’accompagne souvent mes clients à prendre du recul, à reformuler leur problématique, à distinguer le bruit du signal.
Chez Kéaxia, on part toujours d’une question : “Quel est le vrai enjeu ?”
Ça paraît simple, mais cette clarté change tout. Elle permet de canaliser l’énergie, de sécuriser les premières victoires, et surtout de garder tout le monde aligné sur la durée.
Vous accompagnez des directions produit, data… souvent très masculines. Comment percevez-vous l’évolution de la place des femmes dans ces fonctions ?
Il y a indéniablement des avancées, mais ce que je constate, c’est que la question n’est plus tant celle du mouvement, mais de sa vitesse.
Accélérer cette dynamique, c’est multiplier les initiatives concrètes, encourager chaque prise de parole et rendre la diversité visible au quotidien.
C’est de cette énergie collective que naissent l’innovation et la performance.
En tant que membre du JFD Club, qu’est-ce que vous venez y chercher, et qu’est-ce que vous avez envie d’y transmettre ?
Ce que je viens chercher, c’est l’énergie des parcours pluriels, le partage sans filtre et cette bienveillance qui encourage à aller plus loin.
C’est un espace d’inspiration où chaque rencontre nourrit la réflexion et donne envie d’ouvrir de nouvelles perspectives.
Ce que j’ai envie de transmettre, c’est d’abord un engagement sincère pour l’inclusion et la diversité, convaincue que c’est là que naissent les idées qui transforment.
C’est aussi le plaisir de partager mon expérience, de façon très concrète, et d’accompagner celles et ceux qui souhaitent avancer dans la tech.
Et enfin, soutenir les initiatives qui font émerger de nouveaux leaders féminins, parce que chaque réussite inspire tout un collectif.
Est-ce que vous auriez eu besoin, plus tôt dans votre parcours, d’un collectif comme celui-là ? Qu’est-ce que ça aurait changé pour vous ?
Absolument. Quand on commence sa carrière professionnelle, on se sent parfois seule à porter certaines convictions, à oser des chemins différents.
Un collectif comme le JFD Club, donne de la force, de l’ambition, ouvre des possibilités.
Avec du recul, je pense que j’aurais gagné en confiance, et sans doute accéléré certains choix.
Sara Himmich, cofondatrice Keaxia, membre du JFD Club
Ingénieure en informatique de formation, Sara Himmich accompagné plus d’une cinquantaine d’entreprises dans leur transformation data et IA. Elle a ensuite piloté le marketing et le produit d’une marketplace B2B, en y intégrant l’ingénierie de la data & IA.
Passionnée par l’innovation utile et éthique, Sarah croit à une IA pragmatique, au service de la performance et de l’humain. Aujourd’hui, elle cofonde Kéaxia, un studio IA dédié aux entreprises qui veulent des résultats concrets, sans jamais perdre de vue l’impact et le sens.



